Philosophie
Les
Hommes et les machines
I L’antagonisme indissociable C’est
dans le concept du rapport entre les machines et les humains que Matrix puise
une partie importante de son scénario. Le film raconte la guerre à laquelle se
livrent depuis plus d'un siècle les humains et les machines qui ont pris le
dessus sur l'homme pour l'utiliser comme source d'énergie après que le soleil
était devenu non accessible. D'où la naissance de la matrice et de
l'esclavagisme de l'être humain par l’intelligence artificielle. Il est à noté que le thème principal de Matrix n'est pas un sujet fictif, c’est un sujet réel et d’autant plus d’actualité qu’aujourd’hui les machines font partie intégrante de notre quotidien à tous, mais ce scénario de domination par les machines n’est pas nouveau, il a déjà été approfondi par de nombreux auteurs. Cependant, la création d’une matrice est, elle, tout à fait innovante. Le
film met l’accent sur ce que l’on pourrait appeler l'antagonisme des hommes
et des machines. En réalité, les machines sont nos esclaves puisqu’elles
sont conçues pour être ce que l’on appelle naïvement une « aide a
l’être humain ». Or dans le film les machines se servent de nous comme
nous nous servons d’elle en réalité et ici, le scénario nous choque. Il
s’agit pourtant du même combat mené par deux clans différents. On
pourrait se dire que les machines n'ont pas d'âmes, pas d'esprit, qu'elles
n'existent que par nous, qu'elles n'ont pas conscience du "je"
philosophique ni de l'existence même des êtres humains. Et si nous nous
trompions ? Qui peut dire à quoi se définit l'esprit, l'âme, la conscience de
la vie, de l'existence ? D'ou nous vient cette conscience de nous même ? D'un réseau
d’influx électriques né dans notre cerveau, qui tournent en nous et qui créent
un déclic, une idée, une prise de conscience enfin. Les machines pourraient très
bien, dans quelques années, fonctionner de la même manière, par
diffusion de micro impulsions électriques au coeur d'un système central
complexe, d'où leur naîtrait l'idée de leur conscience : l'intelligence
artificielle. Dès
lors, plus rien n'est impossible, imaginer, concevoir, développer un programme
est déjà une chose acquise pour les machines. Créé une matrice, un monde
imaginaire, et nous inclure à l'intérieur ne serait pas pour elles plus
difficile
Mais
qui, devant ce scénario, est le plus dans son droit ? Les humains sont au
départ les maîtres des machines et les ont créé pour être des esclave. Puis
les esclaves qui se révoltent contre leurs maîtres pour faire à leur tour d’une
autre race une aide a un meilleur développement?
Dans
Le Seconde renaissance (Animatrix), les réalisateurs nous expliquent comment
les humain et les machines en sont arrivés à une guerre. Le tout plus ou moins
pour un raison économique (les machines ayant créés une ville peuplée a part
entière par des robot, l'économie de cette ville fit une montée fulgurante
dans le monde). Cet épisode nous permet aussi de se rendre compte, grâce a son objectivité quasi parfaite, que les humains sont sûrement plus responsable que les machines dans cette guerre. C’est ce qui nous emmène à la conclusion suivante : les machines et les humains ne sont pas fait pour vivre ensemble : l’un voudra toujours dominer l’autre.
La
solution alors serait de nous débarrasser des machines pour toujours ? Oui
mais comme le démontre si bien le conseiller Hamann à Neo, nous avons besoin
des machines et elles de nous… II
la dépendance Nous sommes, plus qu’a autre chose, accros a la technologie. C’est un besoin vital, c’est un besoin dont plus personne ne peut désormais s’affranchir. Ainsi nous avons besoin des machines. Et nous les rendons de plus e plus intelligentes. Comment ? Là n’est pas le problème, la question serait plutôt pourquoi. Pourquoi, alors que l’être humain a atteint grâce aux machines un niveau de vie très satisfaisant, faudrait t’il continuer à les rendre plus intelligente encore ? Pourquoi voulons nous construire des appareils capables de nous battre aux éches, capables de nous battre en vitesse, en capacité de stockage d’information ? Après être devenue une aide au développement de l’esprit humain, l’intelligence artificielle est devenue une autre race, qui elle aussi à besoin de nous pour survivre puisque nous en sommes les concepteurs. Mais pour combien de temps ? L’ingratitude est le propre de l’homme, et plus encore celui des machines. La prise de conscience de notre supériorité sur elles, la prise de conscience du fait que nous pourrions les débrancher (dans Matrix Reloaded, l’architecte affirme que les machines pourraient accepter de vivre sans l’énergie fournie par les humains. Il en est de même pour nous, nous pourrions nous passer des machines, mais les conditions qui en résulteraient seraient inacceptables pour une race telle que l’être humain) pourrait les amener à se révolter. Et ce n’est pas une utopie. Plus aujourd’hui.
III Le pire des meilleurs des mondes A ce propos, le scénario de Matrix reprend celui d’un livre d’Aldous Huxley, Le meilleur des mondes (Que je vous conseille sincèrement… !). Dans ce livre les humains sont conditionnés avant leur naissance par la société qui les éduque (grâce à des moyens technologiques performants) comme des « consommateurs parfaits » en leur enlevant leur sens critique. Ainsi les êtres humains sont heureux mais ont troqué cette félicité contre leur liberté. C’est le prix à payer. Dans le film, la première matrice à été créé sur ces bases : un monde plus parfait que le monde réel qui rendrait les gens parfaitement heureux. Mais poussant la réflexion plus loin, le film prend une route différente : cette matrice est un échec. Pourquoi ? Tout simplement parce que la nature humaine n’est pas parfaite. Parce qu’il y a la haine, la solitude, la violence, le masochisme aussi, tout ce qui fait au final fait de l’humain l’un des animaux les plus bizarres qui soit. Ainsi une autre matrice est créée prenant en compte ces caractères particuliers. Dans le meilleur des mondes, le commerce était « équitable » : la liberté contre le bonheur. Mais dans Matrix, la liberté est enlevée mais par sa nature, l’homme se condamne à rester dans un monde d’adversité.
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